Leurs mains sont animées par ces gestes empruntés à l’expérience de leurs aînés, destinés à être passés à celles et ceux qui viendront après eux. Un jour, lorsque je discutais de la notion de transmission à la caserne, un pompier m’a fait découvrir la devise de l’école des officiers de SapeursPompiers ; « Cultiver le passé, enfanter l’avenir, tel est notre présent ». C’est à partir de ce triptyque que s’est dès lors articulé ce travail photographique. Il tente de mettre en lumière les héritages des anciens sapeurs pompiers du centre de secours de Labouheyre, les parcours de celles et ceux qui le font aujourd’hui vivre, mais aussi d’une nouvelle génération qui s’apprête à poursuivre l’élan de cet engagement.
Au sein des équipes du Service Départemental d’Incendie et de Secours, la transmission se veut omniprésente. Elle ne s’arrête pas au strict cadre de la formation. Un pompier m’a confié « tu es stagiaire lorsque tu es en formation, mais tu seras apprenant tout au long de ta carrière ». Cette notion est partout, dans les grandes répétitions quotidiennes que sont les manœuvres, dans la vie collective de la caserne, dans la pratique du sport… Chaque activité est prétexte à l’intégration et à l’assimilation des gestes qui au cours des interventions se devront d’être précis et efficients.
Transmettre ces expériences et ces savoirs, cela passe aussi par transmettre un territoire, ses particularités, ses fragilités. Et c’est ici au cœur de la Haute-Landes que prend place ce récit. Des essences de pins harassés par les canicules aux axes routiers surchargés, en passant par le cas sensible des risques industriels, la connaissance d’un territoire que les pompiers apprivoisent au quotidien, permet de maîtriser les clés de sa protection. Dès lors, face aux brasiers, à la tôle froissée ou à la fragile force d’une main dans le besoin, les protocoles s’appliquent, les dispositifs se mettent en place, sans jamais en écarter la sensibilité humaine dont est fait chaque jour cet indispensable engagement.
Cette série a été réalisée en 2025 dans le cadre de la Résidence de la Maison de la Photographie de Labouheyre.